Sans Slip Ni Rien D’Autre

A treize ans les copines du collège ne parlaient que de leurs soutifs. Teen form. Soutifs de gamines très fortement molletonnés.

Ma maman à moi me disait, ma fille, plate comme t’es, tu n’as besoin de rien. Et elle ajoutait, les petits seins naissants d’une jeune fille sont bien plus jolis tout nus sous le chemisier qu’engoncés dans le harnais d’un soutif en dentelle polyamide de chez Monoprix.

Et moi je rigolais des copines qui bourraient leurs minuscules bonnet A de coton hydrophile pour pallier. Et faire les fières en classe.

Mais faut reconnaître qu’en quelques mois, quelques années à peine, les petits moignons des copines ont pris expansion et que nombre, au BEPC, arboraient des nibars de grandes que leurs soutifs premier âge avaient du mal à contenir.

Toutes, sans exception, arboraient des accoutrements étonnants.

Souvent les bretelles doublaient celles du teeshirt ou du petit haut élégant, visibles, blanches noires ou fushias, totalement vulgaires.
Les bonnets mal adaptés écrasaient de baleines le rond le doux du joli sein en donnant sous le coton du vêtement un aspect cartonneux.
Et puis on voyait bien que les bimbettes se partageaient en deux groupes, celles qui n’en n’avaient pas assez et celles qui en avaient trop.

Moi, j’étais à part. Celle qui n’en n’avait pas du tout ou plutôt qui n’en n’avait guère.
Alors moi, je ne portais pas de soutif, je ne portais pas de brassière. Moi j’étais, toujours, toute nue sous mon pull...
Et je m’en portais bien, du moins personnellement. La rue, elle, je ne sais pas.


Pour les culottes, la chanson fut différente.
Depuis mon tout jeune âge, j’avais toujours porté un slip.
C’était la suite normale des couches de bébé.

Mais si l’on réfléchit un peu, c’est parfaitement anormal que d’enchaîner couches d’incontinence de petite enfance avec slip de gamine sans but sans justification sans utilité.


La gamine n’a rien de sécrétions à retenir à éponger. La gamine est bien fraîche bien saine. Pourquoi alors ces culottes ces slips ?

On devine que ce sont les mamans qui imposent.

Elles ont en tête que leur fillette doit se garder. Se garder des garçons, oui. Mais aussi des souffles du vent qui font monter des idées dans les têtes des gamines. Les mamans savent tout ça, les mamans sont toutes passées par là. Dans le temps. Il y a longtemps.
Les berlingots les abricots elles pensent, les mamans, qu’ils sont mieux à l’abri des cotons côtelés des culottes Petit Bateau.

Pourtant les civilisations du monde ont rarement suivi ces préceptes-là. De tous temps dans tous les pays du monde on a laissé les petites filles les adolescentes les toute jeunes filles vaquer cul nu sous leurs robes sous leurs jupes.
Pour leur plus grand bonheur et surtout pour leur santé mentale...
Que penser des régressions de ces filles américaines du nord, US mais Canada aussi, qui, à quatorze ans, remettent des couches pour dormir ? Sont fous ces gens-là. Sont fous les Yankees...

Quand on pense que les indigènes d’Amerique, avant eux, Sioux Comanches Cherokee, vivaient comme naturistes du Cap d’Agde ou Montalivet jusqu’à vingt ans, garçons et filles. A poil toute. En toute simplicité sympa.

Enfin pour nous, filles d’Occitanie, le slip a été étape imposée.

*

C’est à l’âge de rébellion que je me suis libérée. Lieu, comme il eut été naturel que ce soit, de chausser culotte à l’âge des premiers écoulements de tendresse amoureuse, c’est le contraire qui s’est fait.
Et que ce fut bon, que cette rébellion ce retournement de veste !

Mon tiroir de la commode avec les vingt et plus slips blancs de mes seize ans, je l’ai vidé avec bonheur en cadeau aux vingt garçons et quelques filles qui partageaient ma vie alors.

Depuis ce temps de ma résurgence je vis à l’air libre en totale liberté.

Et c’est bon. C’est si bon.

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